L’INVENTION DE SAINT ANTONIN DE FRÉDELAS-PAMIERS (Jean-Luc BOUDARTCHOUK-

L’INVENTION DE SAINT ANTONIN DE FRÉDELAS-PAMIERS

par Jean-Luc BOUDARTCHOUK * avec la collaboration de Patrice CABAU, Laurent CLAEYS et Marc COMELONGUE (1) 57 pages

Communication présentée le 26 février 2002; cf. « Bulletin de l’année académique 2001-2002 »,

Extrait :

« Prologue: le récit de la découverte du corps d’Antonin de Pamiers

Le Toulousain Nicolas Bertrand, dans ses Tholosanorum gesta (1515), nous livre un dossier hagiographique remarquablement complet sur Antonin de Pamiers (cf. document 12): une longue vita (f° XX r°-XXI v°); un récit de la translation miraculeuse des reliques du chef et du bras vers Noble-Val (f° XXI v°-XXII r°); un récit de l’invention du corps à Pamiers (f° XXII r°); le récit détaillé de la translation des reliques du Mas-Vieux au Mas- Saint-Antonin de Pamiers (f° XXII r°-XXIII v°).

Voici le récit de la découverte du corps d’Antonin à Pamiers, dans sa traduction française de 1555:

De l’invention du corps de sainct Antonin

Il y avoit une Forest tres espesse, en laquelle le corps de sainct Anthonin repousoit, et en ce lieu avoit une riche Femme, laquelle avoit grande multitude de Bestial, et comme tous les iours ledit bestial alloit aux champs, quelque iour advint qu’un Taureau se despartit du Bestial, et s’en va tout seul au lieu ou estoit le corps de sainct Anthonin et la trouva un Vaisseau de Terre, auquel estoit ledit corps, et la commença a lescher et baiser, et en brief de temps devint tout gras et robuste, cela voyant la maistresse dudit bestial, interrogua le pasteur comment cela se pouvoit faire, que le Taureau feust gras et les autres maigres, et incontinent le Pasteur respondit, que tousiours ledit Taureau alloit seul. Et pource ladite Maistresse commanda qu’on print garde ou il yroit, ce que fut fait, et quand le Pasteur raconta tout a sa maistresse, laquelle cela voyant, feist venir le Clerge avecques grande solennité, et la fut eslevée une Eglise a l’honneur dudit sainct, en laquelle de present se font de beaulx miracles. (Nicolas Bertrand, traduction de 1555, p. 52) (2).

On constatera dans ce passage la présence de quasiment tous les poncifs caractéristiques des récits tardifs et fabuleux contant la découverte de corps saints (Herrmann-Mascard 1975; Dubois et Lemaître 1993). En revanche, le texte de Bertrand, le seul qui nous soit parvenu relatant la découverte initiale du corps, ne donne aucune indication chronologique ni détail significatif. L’étrange « vaisseau de terre » où repose le corps est en fait dans la version originale latine de 1515 un sarcophage comprenant la cuve et le couvercle: vas lapideum in quo erat corpus sanctissimum et lapidem qui superpositus erat illic (Bertrand 1515, f° XXII). (…)

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 : 015-057_Boudartchouk

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